Les relations entre le Burkina Faso et l’Union européenne continuent de se détériorer. Le 14 juillet, les autorités burkinabè ont signifié à deux membres de la délégation de l’UE à Ouagadougou leur statut de persona non grata et leur ont ordonné de quitter le pays dans les 72 heures. D’après l’Agence d’information du Burkina (AIB), cette décision vise le chef adjoint de la délégation européenne, également chargé de la section politique, presse et information, ainsi qu’une chargée de programme.
Le ministère burkinabè des Affaires étrangères n’a, pour l’heure, fourni aucune explication officielle sur les raisons de cette mesure. Cette décision intervient toutefois dans un contexte marqué par une méfiance grandissante entre les autorités de Ouagadougou et les institutions européennes.
Le 22 juin, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, a convoqué le chef de la délégation de l’Union européenne pour protester contre une résolution du Parlement européen consacrée à la situation au Burkina Faso.
Ouagadougou a qualifié le texte d’« hostile » et dénoncé une « ingérence dans les affaires intérieures » du pays. L’expulsion des deux diplomates intervient ainsi moins d’un mois après cette première protestation officielle.
La décision s’inscrit plus largement dans la politique de souveraineté revendiquée par le Burkina Faso et ses partenaires de l’Alliance des États du Sahel, le Mali et le Niger, face aux chancelleries occidentales et aux organisations internationales.
Cette nouvelle crise diplomatique survient également quelques semaines après la rupture officielle des relations entre le Burkina Faso et la France, annoncée le 26 juin. Ouagadougou a rompu ses relations diplomatiques avec Paris en accusant Paris d’ingérence, de soutien à des réseaux subversifs et de poursuivre des ambitions néocoloniales. La France a rejeté ces accusations et annoncé des mesures de réciprocité.
Cette rupture parachève plusieurs années de dégradation des relations bilatérales, marquées par le départ des forces françaises, le recul de la présence diplomatique de Paris et la diversification des partenariats internationaux de Ouagadougou.
Le 13 juillet, douze diplomates burkinabè revenus de Paris ont été reçus à Ouagadougou par le chef de la diplomatie. Ils lui ont remis les clés des locaux de l’ambassade ainsi que le drapeau national qui flottait sur la chancellerie, marquant symboliquement sa fermeture.
Ce retour dément les rumeurs diffusées sur les réseaux sociaux selon lesquelles certains agents auraient sollicité l’asile auprès des autorités françaises. Le ministère burkinabè des Affaires étrangères a affirmé que l’ensemble du personnel concerné avait regagné le pays conformément à la décision de fermer la mission diplomatique.
Toutefois, le chef de la diplomatie burkinabè, Karamoko Jean Marie Traoré, a précisé que le retour du personnel ne constituait qu’une étape du processus. Plusieurs démarches administratives liées à la rupture restent encore à mener. Il a salué la célérité de l’équipe diplomatique, qui a procédé en sept jours à la clôture des dossiers relevant de sa compétence.
Le ministre burkinabè des Affaires étrangères a qualifié le rapatriement de l’équipe de « retour en toute dignité », indiquant que les organisations internationales installées en France ainsi que les autres États relevant de la juridiction de l’ambassade ont été informés de la fermeture de la représentation.